Maître Belkacem Chakouri figure parmi les 11 juristes marocains consultés dans le cadre de l'Index international sur la sécurité juridique, élaboré par la Fondation pour le droit continental et publié en mai 2015.

Les chercheurs, codirigés par Catherine Kessedjian (professeur de droit) et l'économiste Bruno Deffains, ont élaboré un «Index sur la sécurité juridique» incluant «dans un premier temps 13 pays». Publié en mai 2015, leur «méthode de recherche applicable» est le bilan d'un an et demi de travail. Le but étant «de poser les fondements d'une évaluation empirique» en comparant entre plusieurs législations.

«Il convient de faire preuve d'une certaine humilité… Tout classement est sujet à des aléas, en fonction de la qualité des matériaux de base (ici les réponses) et des pondérations retenues», d'après Jean-François Dubos, président de la Fondation pour le droit continental. Celle-ci est le commanditaire du rapport ayant opté pour «la méthode de cas».

La notion de sécurité juridique

La notion de «sécurité juridique» a été d'abord établie sur la base de recherche bibliographique menée dans les 4 langues du projet (allemand, anglais, espagnol et français). Par sécurité juridique on entend «transparence de la règle de droit, son accessibilité, sa stabilité raisonnable dans le temps et sa prévisibilité pour l'issue du litige».

Ces critères orientent les «grands principes abordés dans les questionnaires adressés à des spécialistes». Le nombre des répondants, avocats et universitaires, varie d'un pays à l'autre : 11 au Maroc, 9 juristes au Sénégal, 13 au Japon, 16 en Norvège, 50 au Royaume-Uni ou aux États-Unis.

La méthodologie

Chacun des six domaines de droit visés par le questionnaire (contrat, immobilier, droit du travail, des sociétés…) a été subdivisé en deux axes. La première partie est générale et découpée en sous-thèmes : accessibilité d'une loi, sa stabilité, son efficacité.

La seconde partie du questionnaire dite «spécifique» compte 12 cas pratiques au total. À l'exception du règlement des différends, «une structure identique a été conservée pour l'ensemble des cas» validés à l'avance par le comité. Chaque point de droit «recouvre les questions nécessaires à l'évaluation de la sécurité juridique d'un système».

Les chercheurs optent pour 3 types de questions : celles chiffrées et qui portent sur des valeurs monétaires, des durées ou des taux de participation ; les questions binaires (oui ou non) ; et enfin catégorielles (plusieurs réponses classées selon une échelle allant de la meilleure option à la plus mauvaise).

Les notes ont été «normalisées» de sorte que «l'écart entre chaque note soit toujours le même». Ainsi la meilleure réponse recevra 10 points et la mauvaise zéro. La note finale est la moyenne des scores réalisés dans chacun des domaines étudiés (droit du travail, des sociétés, des contrats…).

Les correspondants au Maroc

L'Index sur la sécurité juridique a fait appel à des praticiens pour répondre notamment à «un cas juridique type lié à la sécurité juridique». «Un spécialiste au moins par domaine de droit» a été interrogé. Les répondants ont été choisis «prioritairement parmi les avocats et universitaires spécialisés et pratiquant dans le pays pour lequel ils devraient répondre».

Pour le Maroc, 11 juristes ont été sollicités et basés pour la quasi-majorité à Casablanca :

Simon Auguier (Gide Maroc) · Rachid Benzakour (CBL) · Yasser Loudghiri (LPA) · Belkacem Chakouri (avocat) · Asmaa Laraqui (cabinet Bassamat) · Mustapha Mourahib (Clifford Chance Maroc) · Bertrand Fournier-Montgieux (Clifford Chance France) · Pr. Azzedine Kettani (université Hassan II de Casablanca) · Keltoum Boudribila, Ghiyta Iraqi, Kamal Nasrollah (Baker & McKenzie).
Source : L'Économiste · Édition N° 4615 du 28/09/2015
Article signé F.F.